Une rentrée au CP «classique»

155790603.2.jpgUne expérience formidable, comme nous souhaiterions que cela se passe pour tous les jeunes, que nous souhaitons partager. En effet, cela EXISTE !

Un «grand» de presque 6 ans, actuellement scolarisé en CLIS 4 maternelle, va faire sa rentrée au CP dans son école de quartier. Cette décision est prise et portée par les parents, soutenus par le SESSD. Malgré leur détermination, une montagne de questions et d’inquiétudes sont présentes.

Avec l’accord de la famille, une fois les papiers administratifs réalisés, nous prenons rendez-vous avec la direction de l’école, afin de présenter ce jeune et de préparer sa venue dans les meilleures conditions.

Cette école nous a d’emblée bluffés dans son accueil très chaleureux, sa «normalisation» du handi-cap, non dans un déni et une nécessité pour le jeune de s’adapter mais bien au contraire dans une prise en compte de la différence, qu’elle se trouve chez les enfants et/ou dans le corps enseignant, et l’adaptabilité de cette école. La rencontre s’est déroulée d’emblée sur le ton de l’échange et non de la revendication. Un grand nombre de questions a été abordé concernant l’accessibilité, la participa-tion aux sorties, aux activités sportives, l’accompagnement par une AVS (la notification est là, la directrice nous dit que justement une ancienne AVS de l’école l’a re-contacté pour savoir si ils avaient besoin pour la rentrée)..... Le jeune est inscrit depuis une semaine, c’est la fin de l’année, les classes ne sont pas faites et l’équipe n’a pas eu le temps de réfléchir à cette arrivée, LOGIQUE. Nous visitons l’école, afin d’anticiper au maximum les petites difficultés d’accès (il y aura forcé-ment des imprévus mais c’est la vie) et rencontrons une maîtresse de CP, qui nous dit immédiatement qu’elle souhaite le prendre dans sa classe, pour diverses raisons, chouette de motivation. Rendez-vous est pris pour la fin de la semaine, pour préparer la rentrée, voir les adaptations néces-saires également au niveau pédagogique et là, encore organiser au mieux.

Nous débarquons donc à 4 (ergo, ortho, instit spécialisée et psychomot), parfois cela fait peur (peur du jugement, peur de l’envahissement, peur de ne pas être à la hauteur,....). Là, pas du tout. Notre rencontre se place immédiatement sur le ton de l’échange, du partage. La maîtresse trouve évident (si, si!), d’adapter les supports, de différencier l’acquisition des compétences en soulageant au maximum les difficultés praxiques, d’utiliser l’outil informatique (au même titre que le cahier !), etc... Tout en nous disant qu’elle peut se tromper et se réajuster (ce qui permet de nous re-situer, car nous aussi nous nous trompons, nous cherchons, nous «bidouillons», mais on devrait peut-être le dire plus souvent à l’extérieur de notre réunion interne.

ET LE SPORT ?
Dans l’accueil des jeunes en situation de handicap moteur, le sport est très souvent relégué aux oubliettes (peur qu’ils se blessent, méconnaissances de leurs compétences, difficultés d’adapter leur participation active au sein de la classe). Au sein du SESSD, nous soutenons au maximum la pratique sportive, dans le cadre de la rééducation active des jeunes. En tant que psychomotricienne, lorsque cela est possible (tant pour le jeune que pour la maîtresse) je peux accompagner les séances de piscine ou de sport, afin de permettre au jeune de participer à la hauteur de ses moyens, dans son groupe classe.

Dans cette situation, là encore, tout se passe comme une lettre à la poste. Pas de problème pour par-ticiper à la piscine (il faut le porter pour monter dans le bus, et bien soit l’AVS, soit la maîtresse s’en chargerons, la séance peut se faire avec d’autres enfants de la classe, pas très à l’aise, dans le petit bain......) On rêve de cela pour beaucoup d’autres jeunes que nous accompagnons.

Pour le second cycle, les voeux de la maîtresse étaient «jeux d’opposition» et gym. La gym lui con-vient mieux, pas de problème, elle s’arrange pour que ça soit ça, et en plus sur mes horaires.

Souvent sont relatés les difficultés de l’inclusion, les réticences des uns et des autres, mais nous voulions partager ce moment avec d’autres, juste pour faire passer que
CE N’EST PAS UTOPIQUE, ÇA EXISTE VRAIMENT, NOUS AVONS RAISONS DE SOUTENIR CE TYPE DE PROJET.

Aude BENOIT-LEVY, psychomotricienne SESSD APF Evry

Commentaires

  • bonjours.
    je suis une maman d'un petit garçon qui a un problème moteur et j'envisage aussi une rentre en CP ..mais... dans 2ans.alors ont se pose beaucoup de question !
    et là beaucoup d'entre elle se sont estompe grasse a vous !
    merci

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