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  • « Liberté, égalité, précarité » Le dossier du mois d’octobre du magazine Faire Face

    1845653076.jpgA une semaine de la Journée mondiale du refus de la misère, le magazine Faire Face, consacre son dossier du mois à la question de la précarité, avec de nombreux témoignages à l'appui.
    La France, 5e nation la plus riche du monde, compte aujourd'hui plus de huit millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, selon les derniers chiffres de l'Insee.
    Une pauvreté qui, en 30 ans, a progressivement changé de visage. Ainsi à côté des sans domicile fixe ou des populations marginalisées, la plupart des pauvres d'aujourd'hui ont un toit et mangent à leur faim, mais survivent en marge de la société de consommation et des loisirs. Sans compter l’augmentation des frais de santé (hausse du forfait hospitalier, franchises médicales, fiscalisation des indemnités du travail, déremboursement de certains médicaments, hausse du coût des mutuelles) qui s’ajoute à l’augmentation du coût de la vie !
    A travers ce dossier de 14 pages, le magazine Faire Face dresse un état des lieux de cette nouvelle pauvreté, s’intéresse au quotidien des personnes en situation de handicap et décrypte les relations compliqués entre les réseaux d’aide de l’urgence sociale et ceux du handicap.


    Combattre la pauvreté qui se développe
    Depuis les années 2000, le nombre de personnes pauvres vivant en France a augmenté, atteignant aujourd’hui plus de 8 millions de personnes. En ligne de mire, les 3,5 millions d’allocataires de minima sociaux (AAH , RSA , etc.) parmi lesquels figurent de nombreuses personnes en situation de handicap. En y incluant les conjoints et enfants, plus de 6 millions de personnes vivent avec ces prestations. Et force est de constater que ces minima sociaux, déjà très faibles, n’ont pas augmenté au fil du temps. En effet, alors que le RMI, lorsqu’il a été mis en place en 1989, représentait 51% du SMIC net de l’époque, le RSA ne représente plus aujourd’hui que 43% du SMIC net.
    Viennent ensuite les travailleurs pauvres qui représentent près de 2 millions de Français. Les emplois à temps partiels et les emplois temporaires sont responsables de cet appauvrissement.

    Personnes en situation de handicap : moins pauvres que les autres mais pauvres quand même
    Même s’il est supérieur au RSA, le montant de l’AAH reste bien en-dessous du seuil de pauvreté, condamnant les bénéficiaires à rester pauvres toute leur vie. Le 27 mars 2008, 35 000 personnes défilaient dans les rues à l’appel du collectif « Ni pauvre, ni soumis » pour demander la création d’un revenu d’existence à hauteur du SMIC. Malgré la promesse de revalorisation de l’AAH de 25% en 5 ans, le montant de cette allocation reste toujours sous le seuil de pauvreté. Sans compter, les bénéficiaires de rentes ou pensions d’invalidité qui n’ont pas vu leurs allocations augmenter depuis 2008.

    Handicap et grande précarité : quand la coordination des réseaux fait défaut
    En France, les personnes en situation de handicap et en grande précarité ne sont pas toujours bien accompagnées. La faute à une méconnaissance de ces domaines et un manque de coordination entre les acteurs de l’urgence sociale et ceux du handicap. En 2008, Handicap international a tenté de pallier ce manque en ouvrant une cellule « Handicap et précarité » sur le territoire du Grand Lyon. Son objectif : rapprocher les acteurs du Samu social, des centres d’hébergement et d’accueils de jour mais aussi des associations de personnes en situation de handicap. En à peine quelques semaines, Handicap international a constaté des résultats très positifs, mais la cellule a du être abandonnée faute de soutien financier.

    Un foyer d’accueil médicalisé pour les abîmés de la rue
    A Nancy, le premier FAM (Foyer d’Accueil Médicalisé) pour personnes souffrant de handicaps moteurs ou psychiques a ouvert ses portes en septembre. Près de 30 personnes, souvent SDF, vieillissantes ou souffrant de tous types de handicap, sont accueillies par des soignants et des travailleurs sociaux qui conjuguent leurs compétences. « En réalité, vous ne pouvez pas opposer le social et le sanitaire, il faut les deux. », explique le directeur du site. Les résidents bénéficient d’une prise en charge à la hauteur de leurs besoins, dans une structure unique en France.

    Tout au long de ce dossier, des personnes atteintes de maladies handicapantes, bénéficiaires de l’AAH qui se privent de se soigner faute de moyens, salariés pauvres installés dans des logements insalubres… témoignent. Un dossier saisissant, sur un phénomène grandissant mais pas inéluctable. Des pistes d’action existent : elles demandent la volonté politique de les mettre en œuvre !


    Le magazine est disponible :
    - Au numéro, au prix de 4,80 € (frais de port compris) à : Faire Face, 17 bd Auguste Blanqui, 75013 Paris
    - Sur abonnement : en cliquant ici.
    Plus d’infos sur Faire Face : www.faire-face.fr

  • Donner leur place aux aînés : le dossier de Faire Face de mars

    313050906.jpgEn 2050, un Français sur six aura plus de 75 ans. Comme l'attestent la réforme des retraites et le chantier en cours de la dépendance, cette longévité accrue constitue un enjeu financier d'envergure qui alimente de nombreux débats et focalise l'attention des pouvoirs publics. Mais l'allongement de la durée de la vie ne peut se réduire à un coût financier pour la société. Il pose également un défi humain : celui de la question du vivre ensemble avec les plus âgés et les plus fragiles d'entre nous.

    C'est pourquoi dans son dossier de mars, Faire Face affirme la nécessité de donner leur place aux aînés car il s'agit, aujourd'hui, de voir le vieillissement autrement et de reconnaître les capacités des personnes qui avancent en âge afin de construire une société pour tous les âges. C'est aussi d'ailleurs la question que pose, dans son édito du lundi 7 mars, Annie de Vivie, la fondatrice d'Agevillage.com, site d'informations, de conseils et de services pour l'entourage des personnes âgées dépendante

    Faire Face a également donné la parole à trois d'entre elles, une femme, deux hommes, en situation de handicap qui portent un regard vif et sans concession sur ce que signifie la vieillesse pour eux, et qui tentent de lutter contre l'oubli qu'elle engendre.

    Pouvoir faire une place aux aînés et aux plus âgés en situation de handicap, c'est aussi changer notre façon d'interagir avec eux : les aider mais en veillant à leur laisser la possibilité de décider ce qui est bon pour eux. Réflexion sur la notion de bientraitance avec l'interview de Jérôme Pellissier, écrivain, formateur et enseignant dans les domaines de la gérontologie et de la socio-gérontologie.

    "Faire Face" est consultable à la délégation ou sur abonnement (contactez-nous au 01.60.78.06.63).

  • « Les faits marquants en 2010 » : le dossier du mois de décembre du magazine Faire Face

    Faire Face.jpgUn droit à compensation malmené avec des conseils généraux qui incitent « leur » MDPH à attribuer moins d’heures d’aide humaine aux personnes en situation de handicap ; une réforme des retraites qui ne propose que des avancées limitées ; un système français fondé sur la solidarité que le gouvernement « détricote » obstinément avec des dépenses de santé de plus en plus importantes à la charge des plus fragiles ; un Etat qui n’hésite pas à expulser un adolescent polyhandicapé vers le Kosovo au mépris des toutes les conventions internationales protégeant les enfants et les personnes vulnérables : oui l’année 2010 a été marquée par de nombreux reculs !
    Mais pas seulement, il y a eu aussi l’énergie du Staff Benda Bilili, ce groupe de congolais en fauteuil qui enflamme désormais les podiums d’Europe et d’ailleurs ; l’ingéniosité de concepteurs de matériels adaptés qui facilitent la vie de tous les jours ; la joie d’Eric Deluy, premier instructeur planeur handicapé en France ; sans oublier la ratification, quoique tardive, de la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées.
    Tour d’horizon des événements marquants de l’année 2010 avec le dossier du mois de décembre du magazine Faire Face.


    > Ressources
    Entre la réforme des retraites qui ne prend que très peu en considération les trajectoires professionnelles des travailleurs en situation de handicap et la réforme de l’AAH qui pourrait faire perdre en moyenne 30€ à la moitié des 800 000 allocataires de l’AAH, la question des ressources des personnes en situation de handicap a connu de multiples rebondissements en 2010. Début juillet, l’étalement sur 6 ans au lieu des 5 promis, de l’augmentation de l’AAH de 25% a été annoncé, avant d’être finalement maintenue sur sa durée initiale. La manifestation « Ni pauvre, ni soumis » du 27 mars a réuni 15 000 manifestants (et participants à la votation citoyenne) qui réclament la création d’un revenu d’existence à hauteur d’un SMIC brut, avec cotisations.

    > Santé
    Hausse du forfait hospitalier, déremboursement de certains médicaments, fiscalisation des indemnités des accidentés du travail : autant de mesures qui mettent à mal la solidarité nationale. Une soixantaine d’associations ont ainsi lancé en septembre un appel citoyen « Investir sur la solidarité ». Les agences régionales de santé ont fait leur entrée dans le paysage sanitaire français en avril, elles sont chargées de piloter l’ensemble du système de santé d’une région.
    L’expulsion d’Ardi Vrenezi, jeune kosovar polyhandicapé, en mai dernier, est la sale histoire de 2010. Soigné en France depuis 2 ans, l’état de santé d’Ardi s’est fortement dégradé depuis qu’il a été renvoyé au Kosovo, faute de soins adaptés.

    > Education-jeunesse
    2010 devait être l’année de tous les progrès pour l’accès des enfants à l’école de la république, au final la rentrée 2010 aura laissé de nombreux enfants en situation de handicap sur le carreau. Le manque d’AVS pénalise des centaines d’enfants qui ne sont pas toujours pas scolarisés ou qui ne bénéficient que de quelques jours par semaine de la scolarisation à laquelle ils ont droit.

    > Emploi
    Prévu pour le 1er janvier 2010, c’est finalement au 1er juillet 2010 que les entreprises n’engageant aucune action pour le handicap (recrutement, sous-traitance, etc.) ont dû contribuer à l’Agefiph. L’Agefiph qui devra désormais gérer de nouveaux dispositifs (gestion des déclarations d’emploi des travailleurs handicapés), jusqu’alors à la charge de l’Etat, sans avoir de moyens financiers supplémentaires. La loi de finances 2011 prévoit également la suppression de 500 aides aux postes pour les entreprises adaptées. La bonne nouvelle, c’est que les travailleurs en situation de handicap semblent avoir mieux résisté à la crise que les valides. Le nombre de demandeurs d’emploi en situation de handicap a progressé deux fois moins vite que celui de l’ensemble de la population.

    > Accessibilité et Vie quotidienne
    Les compagnies de transport ne se sont pas montrées sous leur meilleur jour cette année : multiples refus d’embarquement pour des personnes en situation de handicap qui avaient pourtant précisé leur handicap lors de l’achat de billets Easy Jet ; impossibilité de voyager ensemble, comme Laetitia et Céline, deux sœurs en situation de handicap qui avaient réservé leurs billets pour le même TGV ; et un métro marseillais qui aurait pu être entièrement accessible si les quais n’avaient pas été trop bas de quelques dizaines de centimètres, créant une marche insurmontable.

    > Sports
    Des jeux paralympiques de Vancouver en demi-teinte pour les athlètes en situation de handicap qui ont ramené 6 médailles dont 1 en or ; une avancée pour la Route du Rhum qui s’ouvre au handicap avec la qualification de Damien Seguin, né sans main gauche et une réussite pour Eric Deluy, paraplégique, devenu le premier instructeur de planeur handicapé de France.

    > Culture
    2010 est l’année de la consécration pour Staff Benda Bilili, groupe de musiciens congolais dont la moitié des musiciens est en situation de handicap. Désormais connu dans le monde entier, le film Benda Bilili, racontant l’incroyable odyssée de cet orchestre pas comme les autres, a été projeté en ouverture du Festival de Cannes.

    > International – Europe
    18 février 2010 : la France ratifie enfin la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées qui est entrée en vigueur le 20 mars, 3 ans après sa signature en mars 2007. Reste maintenant à s’assurer que l’esprit et les dispositions de cette Convention seront repris dans des propositions concrètes visant à améliorer le quotidien des personnes en situation de handicap vivant en France.

    Le magazine est disponible :
    - Au numéro, au prix de 4,80 € (frais de port compris) à : Faire Face, 17 bd Auguste Blanqui, 75013 Paris
    - Sur abonnement : www.apf.asso.fr
    Plus d’infos sur Faire Face : www.faire-face.fr


  • Faire Face IMC numéro 6 est paru

    1484997840.jpgL’APF édite deux fois par an un supplément IMC (gratuit) à son magazine "Faire Face".

    Vous pouvez télécharger le sommaire ci-dessous et vous le procurer auprès de votre délégation, ou auprès de la rédaction du magasine "Faire Face".

    A consulter également le site d'information de l'APF sur l'Infirmité Cérébrale Motrice en cliquant ici.

    Le sommaire à télécharger : Sommaire Faire Face IMC n°6.pdf

  • "Inégalités à la carte" : handicap et inégalités territoriales, un dossier du magazine Faire Face d'octobre

    1466621854.jpgLes inégalités qu'elles soient sociales, médicales, scolaires ou encore financières touchent arbitrairement les personnes en situation de handicap selon leur lieu de résidence. Faire Face, le magazine édité par l'APF, consacre ce mois-ci son dossier aux disparités subies par les personnes en situation de handicap dans différents domaines de la vie quotidienne, partout en France. Avec cette interrogation en filigrane : "Dis-moi où tu vis, je te dirai comment tu vis ?". Réponses dans le Faire Face d'octobre.

    Après s'être intéressé aux inégalités sociales dans un précédent dossier , le magazine Faire Face a jugé nécessaire de se pencher sur la question des inégalités territoriales en France et leurs impacts – le plus souvent – négatifs sur la vie quotidienne des personnes en situation de handicap. Et déjà une équation qui se dessine : inégalités sociales + inégalités territoriales = double discrimination !

    Enseignement majeur du dossier Faire Face : quel que soit le domaine étudié, – la répartition des professionnels de la santé et des établissements spécialisés, l'attribution des prestations sociales, l'emploi, la scolarisation ou encore la mobilité et l'accessibilité aux transports publics – les écarts régionaux sont considérables !

    Ainsi, on observe qu'il y a sept fois plus d'infirmiers libéraux dans certains départements du sud de la France que dans ceux du nord. La Caisse nationale d'assurance maladie a identifié des "zones fragiles" où l'offre des soins n'est plus suffisante pour répondre aux besoins. Ces "zones", majoritairement rurales, comptent plus de deux millions d'habitants.
    Pour les établissements spécialisés, les inégalités sont encore plus fortes : 25% des personnes accueillies dans l'ensemble des établissements le sont dans une structure éloignée de leur lieu d'origine. Ce chiffre atteint les 59% pour les personnes en situation de handicap originaires de Paris. Et le constat est le même pour les enfants d'Ile-de-France, 16% d'entre eux sont accueillis en Belgique.
    Autre cas frappant : l'emploi des personnes en situation de handicap dans les entreprises adaptées (EA). Alors que la région Pays-de-Loire emploie à elle seule 13% des 24 585 travailleurs handicapés recensés au niveau national, la région Corse se place bonne dernière en n'en employant que 0,02%.
    Quant à l'accès aux prestations légales comme l'AAH, la PCH ou l'AEEH, il varie d'un département à l'autre. Ainsi, si 96% des allocataires de l'AAH se sont vu reconnaitre un taux d'incapacité de 80% dans l'Oise, ils ne sont que 41% dans ce cas dans le Gard. Plus grave encore, concernant la PCH, certaines CDAPH prennent des libertés avec la loi, en refusant par exemple la prise en compte des besoins d'accès à la culture, aux loisirs et aux vacances dans le cadre de la participation à la vie sociale ; alors même que le plan personnalisé de compensation préconise un accompagnement indispensable par des aides humaines.
    Sur le plan de la scolarisation, en dehors du manque cruel d'AVS de cette rentrée scolaire, on remarque que si l'école a fait des progrès dans l'accueil des enfants en situation de handicap, à l'échelle nationale et en termes quantitatifs, aucune étude portant sur la qualité de cet accueil n'a été récemment réalisée.
    Au niveau des transports publics, on retiendra que quelques grandes villes ont développé un réseau urbain bus, métro ou tramway accessibles. Cependant, le taux d'équipement de transports publics reste très insuffisant et là encore avec des écarts inacceptables.

    Enfin, pour la réalisation de ce dossier, le magazine pointe un obstacle réel : la difficulté à avoir accès à des données globales pour tous les départements ! Si l'on peut comprendre que certaines études soient partielles, il semble curieux de ne pas pouvoir accéder, pour l'ensemble des départements, au nombre de bénéficiaires de l'AAH, à quel taux, au nombre de bénéficiaires de la PCH, etc.

    Au final, un bilan sévère : alors que la loi du 11 février 2005 devait établir une égalité des droits et des chances sur l'ensemble du territoire français, on constate qu'il est difficile de trouver un département où il fait bon vivre. Les personnes en situation de handicap sont confrontées à une inégalité de traitement permanente, les départements les plus favorisés dans l'accès aux soins connaissant des défaillances au niveau de l'emploi ou des transports, et inversement. Une harmonisation des services aux personnes en situation de handicap est donc indispensable, afin que chacun puisse bénéficier des mêmes droits.